Comprendre

Qu'est-ce qu'une infection nosocomiale ?
Une infection nosocomiale est une infection contractée dans un établissement de santé. Les infections nosocomiales entrent dans le champ plus large des infections associées aux soins (IAS). Une IAS est une infection qui survient au cours ou au décours de la prise en charge d’un patient, quel que soit le secteur de soins (établissement de santé, établissement médico-social, soins de ville), et qui n’était ni présente, ni en incubation au début de la prise en charge.
Découvrez les différents types d'infections associées aux soins

Quelle peut être la gravité d'une infection nosocomiale ?
Toutes les infections n'ont pas la même gravité. Cette gravité dépend de l'état du patient, du site anatomique de l’infection, et de la virulence de l'agent infectieux. Plus le patient est fragilisé, plus l'infection peut être grave. Par exemple, les infections urinaires, qui représentent les infections associées aux soins les plus fréquentes, ne sont en général pas graves. En revanche, certaines infections pulmonaires ou les septicémies (infections provoquées par des agents pathogènes présents dans le sang) peuvent être très graves et parfois mortelles.

Quelle est la probabilité d'acquérir une infection lorsque je rentre à l'hôpital ?
Tous les cinq ans depuis 1996, une enquête est réalisée à l'échelon national dans les établissements de santé publics et privés. En 2012, les résultats de cette étude montraient que 5,1 % des patients (soit un patient sur vingt environ) présentaient une infection nosocomiale versus 7,6 % en 1996. Mais ce taux varie en fonction de la situation médicale du patient (cf. facteurs de risques), de la charge en soins et par conséquent du service d'hospitalisation. Ainsi, les services de réanimation où les patients sont plus fragilisés et subissent plus de soins, sont plus touchés avec près d'un patient infecté sur quatre. En revanche, la maternité ne présente qu'un taux faible d'infections (moins de 1 %).

Combien de personnes meurent chaque année en France d'infections nosocomiales ou d’infections associées aux soins ?
Il est difficile d’estimer le nombre de décès liés aux infections nosocomiales, car l’infection n’est souvent que l’une des complications médicales qui conduisent au décès. Cependant plusieurs études aboutissent à peu près aux mêmes résultats : environ 25 à 30 % des patients qui meurent chaque année en établissement de santé ont une infection nosocomiale au moment de leur décès, sans que celle-ci en soit la cause (ils meurent avant tout de leur pathologie). Cependant on estime que l'infection nosocomiale contribuerait directement au décès d’environ 3 500 à 4 200 patients chaque année. On ne dispose d’aucune estimation concernant la mortalité liée aux infections associées aux soins survenant en dehors des établissements de santé.

Comment risque-t-on d’être contaminé ?
La lutte contre les infections associées aux soins ou contre la dissémination des maladies infectieuses nécessite entre autre de savoir comment empêcher les germes de se transmettre. En fonction des germes mais aussi des maladies dont ils sont responsables on distingue trois modes de transmission ou contamination : la contamination par contact, par gouttelette et par l’air.

    La contamination par contact est possible pour des germes qui sont sur la peau, et sur toutes les surfaces que l’on touche . Ainsi lors d’un contact entre la peau deux personnes il est possible de déposer ou d’acquérir des germes. On parle de transmission directe pour un contact entre une personne porteuse (émettrice) et une autre personne indemne (réceptrice), il peut aussi y avoir une transmission dite indirecte lorsque qu’il y a entre la personne émettrice et la réceptrice soit une tierce personne soit un objet (matériel de soins par exemple stéthoscope). Pour empêcher la transmission par contact la meilleure solution est la propreté des mains et de l’environnement. Les germes le plus souvent transmis par contact sont les bactéries qui résistent à la plupart des antibiotiques mais aussi les germes retrouvés en cas de diarrhée (salmonelles, Clostridium difficile…).

    La contamination par gouttelette concerne des germes qui entrainent des infections respiratoires. La grippe est l’exemple connu de tous. Lors d’un effort de toux le patient infecté dissémine dans son entourage des virus qui peuvent être inspirés par une personne plus ou moins proche. La maitrise de la transmission par gouttelette nécessite le port d’un masque qui constitue une barrière à l’inspiration des germes projetés. Le masque peut être porté par la personne malade ou par la personne non malade.

    La contamination par l’air
    Certains germes (agent de la tuberculose pulmonaire, agent de la rougeole ou encore de la varicelle) sont en suspension dans l’environnement de la personne malade. Inspirer ces germes en suspension peut entrainer une infection. Là encore le port d’un masque filtrant l’air permet de ne pas inspirer les germes en suspension. À l’hôpital il est important que la porte de la chambre reste fermée afin que les germes ne se répandent pas dans les couloirs et soient à leur tour inspirés par des personnes qui passent devant la chambre.